Le réveil

Se réveiller d’un coma | Conseils Pratiques | The S-Strategy

Se réveiller d’un coma

À quoi vais‑je être confronté lorsque la personne “se réveille” d’un coma ?

Chaque traumatisme crânien est unique. Le cerveau est la plus grande merveille et un organe très complexe. On ne peut donc pas s’attendre à ce qu’il guérisse aussi vite qu’une jambe cassée. Il a besoin de temps pour se rétablir. Une personne ayant subi un traumatisme crânien peut passer par différentes étapes de récupération, parfois déroutantes ou difficiles.

Besoins physiques :

Comme un nouveau-né, le survivant peut se réveiller la nuit, porter des objets à la bouche, avoir des difficultés à savoir quand il doit aller aux toilettes et éprouver des problèmes d’équilibre. Le retour des fonctions normales prend du temps.

Besoins émotionnels :

Parfois, le survivant peut avoir des accès de colère. C’est difficile à gérer et certains membres de la famille peuvent réagir par la peur ou la colère. Cependant, après la crise, le survivant ne se souvient généralement pas de ce qu’il a dit – c’est la lésion cérébrale qui s’exprimait, pas la personne que vous aimez. Il est inutile d’argumenter ou de prendre leurs paroles personnellement, car à ce stade, ils ne peuvent pas contrôler leurs humeurs.

Besoins mentaux :

La personne en rééducation doit réapprendre énormément de choses – imaginez devoir réapprendre à parler, marcher, manger. Ce processus doit être progressif. Parlez d’une seule chose à la fois, limitez les visites. Le survivant se fatigue facilement. Il peut parfois dire des “incohérences”, être agité, oublier des choses ou faire des demandes déraisonnables. Soyez patient alors qu’il traverse toutes ces difficultés.

Prenez chaque jour comme un nouveau jour.

Essayez de ne pas penser au passé ou aux “et si…”. La situation est telle qu’elle est. Avancez étape par étape, petit à petit. Attendez‑vous à des hauts et des bas, de bons et de mauvais jours. Personne ne sait comment votre proche évoluera.

Comment dois-je traiter mon proche blessé ?

Il est extrêmement important de traiter la personne blessée avec RESPECT en tout temps. Même si elle ne parle pas correctement, elle peut vous entendre et ressentir des émotions. Ne parlez jamais sur elle, mais avec elle, demandez son avis sur les situations qui la concernent. Soyez patient : elle vit désormais à un rythme plus lent.

N’ayez pas peur de demander de l’aide

Avec le temps, certaines situations peuvent perturber la vie familiale. Le survivant peut manifester de la colère, de la méfiance ou des comportements sexuels anormaux. Ne restez pas seul face à cela.
Contactez votre assistant social à l’hôpital ou à la clinique avant que votre famille ne souffre trop. La personne blessée n’est pas la seule à avoir besoin d’un soutien professionnel. Il peut donc être très utile pour toute la famille de suivre une thérapie et de rejoindre un groupe de soutien.

Conseils pratiques

Famille

Impliquez chaque membre de la famille et créez un environnement aimant et bienveillant. Une routine fixe est essentielle.

Mouvements

Les hôpitaux et pharmacies louent des fauteuils roulants si la mobilité est difficile. L’ergothérapeute peut conseiller d’autres aides. Les mouvements étant lents, la patience est la clé.

Hygiène

Une chaise en plastique dans la salle de bain aide en cas de problèmes d’équilibre. Les hommes devraient garder un urinal dans la chambre.

Sécurité

L’agitation peut provoquer des chutes, donc placez des couvertures ou matelas au sol.
Les survivants auparavant indépendants peuvent se sentir “en insécurité”, ne sachant plus situer leur corps dans l’espace. Les bruits nocturnes peuvent les effrayer – vous devrez peut‑être dormir dans la même pièce. Le contact physique apaise : toucher leur dos ou leur main peut aider.

Confusion

Une opération cérébrale peut perturber la notion du temps et de l’espace. Rappelez-lui doucement le jour et la date, ou utilisez une horloge adaptée.

Vision

Une loupe peut aider. En cas de vision double, on peut apprendre à fermer ou couvrir un œil et se concentrer avec l’autre.

Audition

La personne peut avoir des troubles auditifs ou une hypersensibilité au bruit. Faites attention aux radios ou télévisions trop fortes.

Épuisement

Les personnes atteintes de lésions cérébrales se fatiguent vite : marcher 10 pas peut être épuisant. Penser demande aussi beaucoup d’énergie, donc le REPOS est essentiel !
Une sieste après le déjeuner est bénéfique mais ne doit pas être trop longue pour ne pas perturber le sommeil de nuit.
L’exercice et la rééducation doivent se faire après un temps de repos. Suivez le programme recommandé.

Alimentation, boissons et tabac

Une alimentation nutritive est essentielle pour retrouver des forces. Le café nuit au sommeil.
Les fumeurs devraient utiliser un seul cendrier pour compter la consommation. Fumer est déconseillé.
L’alcool est interdit : il détruit les cellules cérébrales en guérison.

Rééducation

Les thérapeutes établissent un programme à l’hôpital qu’il est crucial de suivre.
Ils peuvent commencer à aider à la maison, mais chaque activité doit être effectuée séparément pour éviter la confusion.
Si possible, le survivant peut retourner brièvement sur son lieu de travail. Cela aide l’interaction sociale, l’estime de soi et lui donne une raison de se lever chaque jour.

Réaction du public

Si on les regarde parce qu’ils marchent, parlent ou agissent différemment, ce n’est pas grave.
Ils ont une seconde chance et apprennent à s’adapter – c’est très courageux.
Le public ne connaît pas les lésions cérébrales : c’est l’occasion d’informer et d’éduquer.

Estime de soi et indépendance

Il est important de demander l’avis de la personne lors des décisions quotidiennes comme s’habiller ou faire les courses.
Si la routine change, expliquez-lui pourquoi.
Limitez les choix pour réduire l’anxiété.
Encouragez l’écriture d’un journal. Même s’il ne parle pas, vous pouvez noter des informations pour lui donner un sentiment de contrôle.

À retenir : la stratégie S

  • Structure de la journée

  • Silence

  • Sommeil

  • Stimulation : par petites périodes, augmentée lentement

  • Socialisation : lentement, pas trop de personnes à la fois


Source: ComaCare

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