Changements après une lésion cérébrale
Changements dans la pensée | Modifications perceptuelles | Changements comportementaux | Changements émotionnels | Changements dans la communication | Effets physiques
Changements dans la pensée
Changements dans la pensée
Une lésion cérébrale peut perturber :
La vigilance et la concentration
La conscience de soi
La perception
La mémoire et l’apprentissage
Le raisonnement, la planification et la résolution de problèmes
La parole et le langage
Le contrôle moteur
Les émotions
Les informations suivantes vous aideront à mieux comprendre les problèmes de comportement, de mémoire et de pensée qu’une personne ayant subi une lésion cérébrale peut rencontrer. Vous y trouverez également des techniques pour aider la personne à participer plus efficacement et plus confortablement à la vie familiale. La répétition fréquente et cohérente de ces techniques augmente les chances de réussite de la récupération.
PROBLÈME & SIGNES / QUE FAIRE
Problème : Confusion
Signes :
Confusion concernant les horaires ou les tâches prévues
Confusion entre événements passés et présents
Confabulation (invente des histoires convaincantes pour combler les trous de mémoire — ce n’est pas un mensonge intentionnel)
Que faire :
Encourager l’utilisation d’un carnet pour noter les événements et inciter la personne à s’y référer.
Rappeler doucement les faits corrects concernant les événements passés et présents.
Vérifier les informations exactes auprès d’autres personnes.
Maintenir la cohérence dans les tâches quotidiennes (utiliser calendrier et carnet).
Limiter les changements dans la routine.
Fournir des explications claires et concises, même pour les changements les plus simples.
Problème : Difficulté à se souvenir
Signes :
Incapacité à se souvenir des tâches d’un jour à l’autre
Difficulté à mémoriser de nouvelles informations
Que faire :
Mettre en place une routine structurée.
Encourager l’utilisation régulière d’aides‑mémoire comme calendriers et carnets.
Inciter la personne à écrire les nouvelles informations dans son carnet.
Encourager les membres de la famille à y noter aussi les informations à transmettre.
Revoir et répéter ces informations fréquemment dans la journée.
Offrir des occasions de pratiquer plusieurs fois les nouvelles informations.
Associer les nouvelles informations à des faits que la personne se rappelle déjà.
Donner des indices verbaux pour aider au rappel et compléter si nécessaire les lacunes de mémoire.
Problème : Problèmes d’attention
Signes :
Capacité limitée à se concentrer
Distractibilité
Difficulté à prêter attention à une ou plusieurs choses à la fois
Que faire :
Se concentrer sur une seule tâche à la fois.
S’assurer d’avoir l’attention de la personne avant de commencer une activité.
Réduire les distractions (diminuer les bruits, etc.).
Féliciter toute amélioration dans la durée d’attention.
Rediriger doucement l’attention vers les détails de l’activité.
Éviter les changements brusques.
Demander à la personne de répéter l’information pour vérifier la compréhension.
Prévoir de courtes pauses entre des périodes de travail (ex. : 20–30 minutes de travail, 5 minutes de pause).
Problème : Difficulté dans la prise de décision
Signes :
Hésitation
Décisions inappropriées ou potentiellement dangereuses
Difficulté à raisonner
Résolution de problèmes inefficace
Que faire :
Encourager la personne à “s’arrêter et réfléchir”. Un rappel visuel (mot ou panneau STOP dans le carnet) peut aider.
Explorer avec la personne plusieurs options pour résoudre un problème.
Écrire ces options dans le carnet.
Discuter des avantages et inconvénients de chaque option.
Faire des jeux de rôle pour préparer la personne à différentes situations.
Problème : Difficulté à initier une action
Signes :
Difficulté à se mettre en route
Semble désintéressé ou non motivé (souvent non intentionnel)
Que faire :
Aider à établir et suivre une routine quotidienne structurée.
Proposer des choix simples : « Préfères-tu faire A ou B ? »
Simplifier les tâches : les découper en étapes simples.
Utiliser un carnet ou calendrier pour fixer des échéances.
Féliciter toute initiative prise sans aide.
Définir des délais pour la réalisation des tâches.
Problème : Difficulté à exécuter un plan d’action
Signes :
Ne termine pas les tâches commencées
Difficulté à planifier une suite d’actions
Semble désorganisé
Que faire :
Commencer par de petits projets réalistes.
Impliquer la personne dans la planification.
Expliquer clairement l’activité avant de débuter.
Fractionner les tâches complexes en étapes simples.
Faire écrire à la personne une liste des étapes.
Lui demander de répéter ces étapes pour vérifier la compréhension.
L’encourager à suivre le plan et à cocher les tâches effectuées.
Modifications perceptuelles
La perception est la capacité du cerveau à recueillir des informations et à leur donner un sens. Des modifications perceptuelles peuvent amener les personnes ayant subi une lésion cérébrale à ne pas reconnaître ce qu’elles ressentent, voient ou entendent, même si leurs sens du toucher, de la vue et de l’ouïe fonctionnent correctement. Ces modifications peuvent altérer la capacité à juger les distances, les tailles, les positions et la vitesse des mouvements.
Après une lésion cérébrale, la personne peut éprouver certains des éléments suivants :
Négligence unilatérale (négligence d’un côté du corps)
Perte du champ visuel (chaque œil ne voit que la moitié ou une partie de son champ visuel)
Apraxie (incapacité d’utiliser un objet ou d’effectuer des tâches familières)
Difficulté avec les relations spatiales
Les modifications perceptuelles suivant une lésion cérébrale peuvent être temporaires ou permanentes. Les informations suivantes visent à aider à identifier ces changements et à s’y adapter.
PROBLÈME & SIGNES
Problème : Perte du champ visuel
Signes :
Aperçoit soudain des objets qui semblent apparaître ou disparaître
Heurte des objets du côté affecté
Tourne la tête vers le côté non affecté
Ne voit pas la nourriture sur le côté de l’assiette du côté affecté
Perd l’endroit où il/elle lisait ou écrivait
Coupe les mots en deux en lisant, ce qui les rend incompréhensibles
Que faire :
Rappeler à la personne de regarder autour d’elle, surtout du côté affecté.
Marquer les interrupteurs d’appareils fréquemment utilisés (télévision, électroménagers) avec du ruban adhésif de couleur vive pour indiquer clairement s’ils sont allumés ou éteints.
Placer des objets lumineux ou préférés du côté affecté et demander à la personne de tourner la tête jusqu’à ce qu’elle les voie.
Tracer une ligne droite et colorée sur un côté d’un livre ou d’un cahier pour indiquer le bord de la page. Faites-le du côté droit si le côté droit est affecté, et du côté gauche si le côté gauche est affecté.
Problème : Apraxie
Signes :
Utilise les objets de manière incorrecte, par exemple utiliser une brosse à dents pour se coiffer ou une fourchette pour manger de la soupe
Ne suit pas les instructions verbales à cause d’une incapacité à comprendre ou exécuter ce qu’on demande ; par exemple, ne fait pas le geste du « pouce levé » lorsqu’on le lui demande
Enfile des vêtements à l’envers, à l’intérieur ou dans un mauvais sens
Que faire :
Arrêter la personne lorsqu’elle effectue une tâche de manière incorrecte.
Montrer la bonne façon de faire en démontrant le mouvement ou la position.
Placer votre main sur la sienne et l’aider à effectuer les bons gestes.
Guider la personne étape par étape pour mettre les vêtements dans le bon ordre. Établir une routine quotidienne pour l’hygiène et l’habillage.
Problème : Relations spatiales
Signes :
Se trompe sur la position d’une chaise en voulant s’asseoir
A du mal à trouver des objets dans une pièce encombrée
A des difficultés à utiliser une fourchette ou une cuillère pour attraper de la nourriture
Juge mal les distances ; par exemple, manque la tasse en versant du café
Se trompe sur l’espace entre les marches en montant ou descendant les escaliers
Tente d’atteindre des objets trop loin ou trop près
Se tient trop près ou trop loin des autres dans les situations sociales
Demande souvent des rendez-vous ophtalmologiques car il/elle pense que sa vision est affectée
Que faire :
Limiter l’encombrement ; garder la maison et les tiroirs organisés et propres.
Toujours garder les objets fréquemment utilisés au même endroit. Fournir des repères avec des mots et des images.
Mettre du ruban adhésif coloré sur le bord de chaque marche d’un escalier.
Rappeler d’utiliser les rampes lorsque c’est possible.
Encourager l’usage des deux mains pour repérer les objets.
Donner des rappels doux et demander à la personne de se rapprocher ou s’éloigner selon la situation.
Attendre six mois après la lésion cérébrale — ou la durée recommandée par le médecin — avant de prendre un rendez-vous ophtalmologique. Il est peu probable que le problème perceptuel soit lié à un nouveau problème oculaire.
Changements comportementaux
Une personne ayant subi une lésion cérébrale peut présenter des changements de comportement, notamment en ce qui concerne le contrôle de soi, la conscience de soi et les réactions aux situations sociales.
Voici les problèmes comportementaux courants chez une personne ayant subi une lésion cérébrale, ce que vous pouvez observer et les moyens suggérés pour aider.
PROBLÈME & SIGNES
Problème : Difficulté avec le contrôle de soi
Signes :
Agit ou parle sans avoir toutes les informations ou sans réfléchir aux conséquences
Impulsivité ou mauvais jugement
Manque d’inhibition
Commentaires inappropriés à l’égard des autres ou à propos d’eux
Se fixe sur une idée ou une activité (persévération)
Que faire :
Limiter le nombre de choix.
Suggérer des alternatives de comportement.
Expliquer les raisons des tâches.
Être juste dans vos attentes.
Réagir immédiatement aux idées inappropriées tout en maintenant l’objectif initial de la discussion.
Encourager la personne à ralentir et à réfléchir avant d’agir ou de répondre.
Fournir des retours verbaux et non verbaux de soutien pour rassurer.
Si un comportement indésirable survient, discuter calmement et avec assurance des conséquences en privé.
Féliciter et récompenser les comportements appropriés.
Problème : Conscience de soi altérée
Signes :
Manque de conscience des déficits et des limites
(ceci n’est généralement pas intentionnel, mais constitue un phénomène courant, en particulier après un traumatisme crânien)Surestime ses capacités ; sous-estime ses difficultés
Image ou perception de soi inexacte
Que faire :
Anticiper le manque de conscience.
Encourager des auto‑évaluations réalistes.
Utiliser un retour d’information fréquent, généreux et bienveillant.
Donner un retour réaliste lorsque vous observez un comportement.
Problème : Difficulté à participer ou à s’intégrer dans des situations sociales
Signes :
Agit ou parle sans toutes les informations ou sans réfléchir aux conséquences
Difficulté à attendre son tour
Impulsivité
Comportements ou commentaires socialement inappropriés
Manque de sensibilité aux limites sociales
Agit de manière inadaptée dans des contextes sociaux ou publics inconnus
Que faire — Avant l’événement
Fournir des attentes claires concernant le comportement approprié dans des environnements sociaux ou dans des circonstances particulières comme un entretien d’embauche, un enterrement ou une cérémonie religieuse.
Planifier et répéter les interactions sociales afin qu’elles deviennent familières, prévisibles et cohérentes.
Établir des signaux verbaux et non verbaux pour indiquer à la personne de « s’arrêter et réfléchir ».
Que faire — Pendant l’événement
Traiter la personne conformément à son âge.
L’encourager à ralentir et à réfléchir avant de répondre.
L’inciter à considérer les conséquences de son comportement.
Donner un retour positif pour les comportements appropriés.
Proposer une pause lorsque la fatigue ou la frustration se manifeste.
Réagir immédiatement aux idées inappropriées tout en gardant le focus sur la discussion initiale.
Si un comportement indésirable survient, l’aborder calmement et avec assurance en privé. Expliquer que c’est le comportement — et non la personne — qui est inapproprié.
Rassurer et rester équitable dans vos attentes.
Que faire — Après l’événement
Revoir ensemble le comportement, l’efficacité des signaux verbaux et non verbaux, et la réussite globale de la sortie.
Féliciter les comportements appropriés et les réponses aux signaux ou redirections.
Changements émotionnels
Une lésion cérébrale peut affecter les zones du cerveau qui contrôlent les émotions. Voici les problèmes émotionnels courants chez une personne ayant subi une lésion cérébrale, ainsi que des suggestions pour aider.
PROBLÈME & SIGNES
Problème : Difficulté à contrôler les émotions
Signes :
Sauts d’humeur allant de l’anxiété à la tristesse à la colère
Rires ou pleurs inappropriés
Diminution de la tolérance aux situations frustrantes
Que faire :
S’attendre à l’inattendu.
Rester un modèle d’assurance calme et confiante en cas d’accès émotionnel.
Amener la personne dans une pièce ou un lieu calme pour lui laisser le temps de se calmer et de reprendre le contrôle.
Donner un retour de façon douce et bienveillante une fois qu’elle a retrouvé son calme.
Éviter de comparer les comportements passés et présents.
Rediriger doucement le comportement vers un autre sujet ou une autre activité.
Reconnaître que la personne peut utiliser des commentaires négatifs ou un refus comme moyen de contrôle.
Comprendre qu’une lésion cérébrale empêche souvent la personne de ressentir la culpabilité ou l’empathie.
Reconnaître vos propres réactions émotionnelles envers la personne ayant une lésion cérébrale.
Problème : Détresse intermittente (va et vient)
Signes :
Tristesse et irritabilité
Pleure facilement
Réagit avec colère sans raison apparente
Que faire :
Reconnaître les émotions.
Donner à la personne l’occasion de parler de ce qu’elle ressent.
Écouter et exprimer votre désir de comprendre ces émotions.
Encourager les comportements qui ont aidé à faire face au stress dans le passé.
Problème : Deuil
Signes :
Larmoiement
Sommeil agité
Changement d’appétit
Que faire :
Rappeler que le deuil est une réaction saine et normale.
Expliquer que l’acceptation de la perte de certaines capacités peut prendre du temps.
Offrir tout le soutien possible.
Chercher des conseils auprès d’un professionnel.
Dépression
Les sentiments de tristesse, de frustration et de perte sont courants après une lésion cérébrale. Ces sentiments apparaissent souvent dans les phases plus avancées du rétablissement, lorsque la confusion diminue et que la conscience de soi augmente. Cependant, si ces sentiments deviennent accablants ou interfèrent avec le rétablissement, la personne peut souffrir de dépression.
La dépression peut apparaître lorsque la personne tente de s’adapter à un handicap temporaire ou permanent provoqué par la lésion cérébrale. Elle peut également survenir si la lésion a touché des zones du cerveau qui contrôlent les émotions.
Être dépressif n’est pas un signe de faiblesse ni la faute de qui que ce soit. La dépression est une maladie. On ne peut pas en sortir simplement en le voulant, en faisant preuve de volonté ou en « se ressaisissant ». La dépression après une lésion cérébrale peut résulter de changements biochimiques et structuraux du cerveau. Heureusement, des médicaments et d’autres thérapies peuvent aider la plupart des personnes qui en souffrent.
Symptômes de la dépression :
Tristesse persistante
Irritabilité, sautes d’humeur
Anxiété
Perte d’intérêt ou de plaisir
Négligence des responsabilités ou de l’hygiène personnelle
Changements dans l’alimentation ou le sommeil
Fatigue, manque d’énergie, perte de motivation
Changements d’humeur extrêmes
Sentiment d’impuissance, d’inutilité ou de désespoir
Symptômes physiques tels que maux de tête ou douleurs chroniques sans amélioration
Isolement
Pensées de mort ou de suicide
Si la personne ayant une lésion cérébrale présente des symptômes de dépression, son professionnel de santé doit être consulté. Des traitements efficaces existent : thérapie individuelle ou de groupe, médicaments ou une combinaison. Un traitement précoce permet d’éviter des souffrances inutiles.
Si un proche exprime des pensées suicidaires ou menace de s’automutiler, appelez immédiatement les services d’urgence.
Estime de soi
L’estime de soi, c’est l’évaluation que fait une personne de sa propre valeur, et elle est souvent affectée par une lésion cérébrale. Le problème peut être plus important si la personne a subi une lésion légère à modérée ou une lésion grave avec une bonne conscience de soi. Plus la conscience de soi est grande, plus les changements de l’estime de soi sont probables.
Que faire :
Se concentrer sur le positif.
Laisser la personne exprimer ses émotions.
Si nécessaire, rediriger la conversation vers des pensées positives ou neutres.
Exprimer votre souci et votre désir de comprendre ses sentiments.
Mettre en évidence ses réussites, même partielles.
Encourager autant d’autonomie que possible.
Ne pas critiquer.
Donner un retour bienveillant et réaliste.
Aider la personne à planifier pour maximiser les chances de réussite.
Choisir des activités et des tâches qu’elle peut réussir.
Les difficultés varient d’une personne à l’autre. Faites attention à la manière dont vous parlez de la personne ayant une lésion cérébrale. Évitez d’étiqueter, de catégoriser ou de stéréotyper un comportement ou une compétence de communication modifié par la lésion. Apprendre le plus possible sur les lésions cérébrales et faire preuve de patience et de compassion sont de bonnes étapes pour soutenir l’estime de soi de la personne concernée.
Changements dans la communication
Problème : Initier une conversation
Signes :
Ne répond pas aux conversations, questions ou commentaires des autres
Ne commence pas ou commence lentement les conversations, ne pose pas de questions, ne fait pas de commentaires
Laisse de longues pauses
A des difficultés à expliquer
Que faire :
Encourager la personne à participer. Par exemple : « Qu’en penses-tu ? »
Poser des questions ouvertes comme : « Parle-moi de… »
Laisser du temps pour organiser ses pensées. Un délai supplémentaire peut être nécessaire pour répondre à une demande ou une question.
Accorder toute votre attention jusqu’à ce que la pensée soit exprimée.
Reformuler ce qu’elle a dit, par exemple : « Veux-tu dire… ? »
Problème : Suivre une conversation
Signes :
A du mal à prêter attention à ce qui est dit
Interprète mal ce qui est dit
Que faire :
Attirer l’attention de la personne avant de parler.
Être clair et concis.
Réduire les distractions.
Insister sur les informations importantes.
Proposer de répéter ce qui a été dit.
Demander à la personne de vous regarder pendant que vous parlez.
L’inviter à poser des questions ou demander des clarifications.
Problème : Tour de parole dans la conversation
Signes :
Parle sans arrêt, ne laisse pas la possibilité à l’autre de parler
Ne semble pas adapter son style de communication à la situation
A du mal à choisir des sujets de conversation
A du mal à suivre lorsque les sujets changent
Introduit un nouveau sujet brusquement
Ne reste pas toujours sur le sujet
Que faire :
Interrompre poliment et demander la parole.
Dire : « Peux-tu être bref, s’il te plaît ? » ou annoncer que vous souhaitez parler.
Demander les intérêts ou opinions de la personne.
Clarifier les nouveaux sujets lorsqu’ils apparaissent.
Demander comment son commentaire est lié au sujet : « Veux-tu dire… ? »
Dire que vous êtes confus ou « perdu » dans la conversation.
Dire que vous n’avez pas compris et demander de répéter.
Utiliser des gestes ou signaux constants (ex. main près de l’oreille pour indiquer qu’il faut parler plus fort).
Problème : Intelligibilité de la parole
Signes :
Parole brouillée
Parle trop fort ou trop doucement, rendant le message difficile à comprendre
Parle trop rapidement
Que faire :
Dire à la personne que vous n’avez pas compris et demander de répéter.
Utiliser des gestes ou signaux constants (ex. main près de l’oreille pour rappeler de parler plus fort).
Problème : Communication non verbale
Signes :
Ne semble pas comprendre les signaux non verbaux courants
Se tient trop près ou trop loin des autres
Nombre ou type de contacts physiques inconfortables
Langage corporel qui ne correspond pas à ce qui est dit
Expressions faciales qui ne correspondent pas à ce qui est dit
Mouvements corporels distrayants, répétitifs ou excessifs
Mauvais contact visuel
Fixe les autres pendant la conversation
Que faire :
Demander à la personne de garder une distance confortable.
Demander poliment de modifier les contacts physiques si cela vous met mal à l’aise ; expliquer si nécessaire.
Dire que vous êtes confus par la différence entre le langage corporel et le message parlé.
Demander ce que la personne ressent.
Demander poliment d’arrêter les mouvements distrayants.
Effets physiques
Une lésion cérébrale peut affecter des capacités physiques telles que l’équilibre, la mobilité, la coordination ainsi que la force, le tonus et le contrôle musculaires. Elle peut également affecter les sens (audition, vision, odorat, toucher et goût). En outre, une lésion cérébrale peut provoquer de la fatigue ainsi que des troubles tels que des crises d’épilepsie, de la spasticité et des difficultés de déglutition.
Fatigue
La fatigue est très fréquente pendant la récupération après une lésion cérébrale. Elle peut résulter de la blessure elle‑même (et d’autres blessures en cas de traumatisme) ou de l’effort physique et mental supplémentaire requis pour effectuer des tâches autrefois réalisées avec peu ou pas d’effort. Les capacités physiques, l’attention et la concentration, la mémoire et la communication peuvent être affectées de manière négative par la fatigue.
Lorsque la personne ayant subi une lésion cérébrale rentre pour la première fois à domicile, il peut être difficile de savoir ce qu’elle peut ou doit faire. Souvent, durant cette transition, la personne et sa famille se sentent découragées par la lenteur de la récupération, les changements de responsabilités ou des attentes trop élevées. Ce n’est qu’une étape du processus de rétablissement. Avec le temps, l’endurance et le niveau d’énergie de la personne s’amélioreront probablement, augmentant ainsi sa capacité à participer à des activités.
Les stratégies suivantes peuvent aider à gérer la fatigue :
Encourager l’utilisation d’un calendrier ou d’un agenda pour gérer la fatigue mentale.
Établir un programme comprenant des pauses régulières ou des siestes (par exemple, une le matin et une l’après‑midi après une activité physique ou mentale). Les pauses ou siestes ne doivent pas dépasser 30 minutes.
Éviter les siestes en soirée.
Réduire progressivement la durée et le nombre de pauses à mesure que la tolérance à l’activité s’améliore.
Reprendre les activités progressivement, sur plusieurs semaines voire plusieurs mois.
Commencer par des tâches familières que la personne peut accomplir sans fatigue.
Augmenter graduellement la complexité des tâches, en encourageant les pauses au besoin, pour prolonger la durée d’activité.
Reconnaître les signes de fatigue propres à la personne.
Surveiller les signes comme l’inattention, la distractibilité, la répétition de tâches ou de propos, l’irritabilité ou les erreurs accrues.
Encourager des pauses toutes les cinq minutes lors des tâches, dès que des signes de fatigue apparaissent.
Utiliser des aides techniques si l’équipe soignante le recommande (par ex. une canne pour la marche, un fauteuil roulant pour les longues distances).
Planifier les activités fatigantes (visites, sorties, voyages). Prévoir une sieste avant les visites ou avant de sortir.
Envisager de limiter la durée des visites ou prévoir une pause durant celles‑ci.
Crises d’épilepsie
Après une lésion cérébrale, une affection appelée crise post‑traumatique peut survenir. Les crises sont causées par une décharge électrique soudaine, excessive et désorganisée de l’activité cérébrale. Le risque de crises persistantes dépend de la gravité et des caractéristiques de la blessure, notamment le type et la localisation. Ce risque est généralement plus élevé dans les mois suivant la blessure puis diminue progressivement.
Plusieurs types de crises peuvent survenir après une lésion cérébrale. Les plus fréquentes sont les crises généralisées (grand mal, tonico‑cloniques) et les crises partielles (complexes ou simples).
Crises généralisées
Les crises grand mal ou tonico‑cloniques comportent généralement des secousses involontaires de la plupart ou de l’ensemble des membres, une perte de conscience et parfois une perte de contrôle de la vessie. La plupart durent quelques minutes seulement. La personne peut pousser un cri, devenir raide et tomber, avoir des mouvements saccadés, devenir rouge ou bleue et avoir des difficultés respiratoires.
Conduite à tenir :
S’assurer que la personne est dans un endroit sûr et poser sa tête sur quelque chose de doux si elle est tombée.
Desserrer les vêtements serrés (cravate, ceinture) et enlever les lunettes.
Éloigner les objets dangereux.
Placer la personne sur le côté, menton dégagé de la poitrine, pour permettre l’écoulement de la salive.
Ne rien mettre dans sa bouche.
Ne pas retenir la personne : on ne peut pas arrêter une crise.
Après la crise, la personne est souvent confuse et somnolente. Ne pas donner de nourriture, de boisson ou de médicament tant qu’elle n’est pas complètement réveillée. Rester auprès d’elle jusqu’à pleine récupération. Chercher une identification médicale (bracelet, collier).
La conduite automobile peut être restreinte jusqu’à une période définie sans crise (souvent 6 à 12 mois). La prudence est de mise près d’équipements dangereux.
Appeler les secours si :
La respiration ne reprend pas et une réanimation est nécessaire.
Une nouvelle crise survient avant que la personne ait récupéré.
La personne se blesse durant la crise.
Elle demande une ambulance après s’être réveillée.
La crise dure plus de cinq minutes.
Une prise en charge rapide est également nécessaire en cas de première crise ou de récupération anormalement lente.
Crises partielles
Les crises partielles complexes peuvent entraîner une perte de conscience, une réponse verbale inappropriée, des mouvements involontaires, un regard fixe ou des mouvements répétitifs (mâchonnement, déglutition, claquement des lèvres).
Les crises partielles simples provoquent des secousses involontaires d’une partie du corps, sans perte de conscience. Elles peuvent parfois s’étendre et devenir généralisées.
Conduite à tenir :
Ne pas retenir la personne sauf en cas de danger.
Éloigner les objets pouvant blesser.
Faire surveiller la personne jusqu’au retour complet de la conscience.
Une aide médicale n’est généralement pas nécessaire sauf si les crises s’enchaînent ou si une crise partielle se généralise avec une récupération tardive.
Même en cas d’épilepsie post‑traumatique, des traitements efficaces peuvent être mis en place.
Spasticité
Une lésion des zones du cerveau contrôlant le mouvement peut provoquer une spasticité, c’est‑à‑dire une augmentation anormale du tonus musculaire (résistance au mouvement). Un muscle spastique ne se relâche pas facilement lorsqu’on l’étire : il reste raide, voire immobile.
La spasticité n’est généralement pas immédiate mais apparaît progressivement sur plusieurs semaines ou mois. Elle peut aller d’une légère raideur à une rigidité sévère et perturber l’habillement, l’alimentation, l’écriture, l’équilibre, la mobilité et la marche. Sa gestion peut durer toute la vie. Le traitement dépend de l’âge, de la sévérité et des complications associées.
Déglutition
Des troubles de la déglutition (dysphagie) peuvent survenir après une lésion cérébrale. La déglutition est coordonnée par le tronc cérébral et les lobes frontaux, responsables de la transmission des messages et du contrôle musculaire.
Les troubles peuvent inclure :
Mauvais contrôle de la tête ou du haut du corps
Diminution de la force, de l’amplitude et de la coordination des lèvres et de la langue
Troubles de mémoire ou d’attention
Risque d’aspiration (aliments ou liquides entrant dans les poumons)
Une évaluation clinique et une vidéofluoroscopie peuvent être réalisées. Selon les résultats, un traitement peut être proposé.
Un tube d’alimentation nasogastrique ou gastrostomique peut être nécessaire. Cela n’empêche pas l’alimentation orale si possible, mais garantit un apport suffisant en nutriments et en liquides. La durée dépend des progrès.
Des exercices et des techniques spécifiques peuvent améliorer la déglutition. Un ergothérapeute ou un orthophoniste enseigne ces méthodes à la personne et à ses aidants. La plupart des personnes récupèrent cette capacité, parfois lentement.
Fonction intestinale et vésicale
Une lésion cérébrale peut affecter l’élimination intestinale et/ou urinaire. La personne peut avoir besoin d’aide pour rétablir un rythme normal.
Gestion intestinale
Les objectifs incluent : un rythme régulier, une peau saine, l’absence d’incontinence, de diarrhée et de constipation. Une évaluation médicale permet d’adapter les recommandations.
Les problèmes intestinaux peuvent survenir si la personne ne peut pas :
Contrôler volontairement l’évacuation
Reconnaître la sensation de besoin
Demander de l’aide
Marcher jusqu’aux toilettes
Manger suffisamment de fibres ou boire assez de liquides
Prévoir suffisamment de temps pour aller aux toilettes
Pour optimiser le fonctionnement intestinal : manger à heures fixes, consommer des fibres, boire la quantité recommandée, rester actif. Un plan alimentaire peut être établi avec un·e diététicien·ne. Un programme de régulation intestinale peut être requis.
Certains traitements (suppositoires, laxatifs, compléments en fibres) peuvent être utilisés temporairement.
Gestion vésicale
Les difficultés urinaires sont fréquentes après une lésion cérébrale, parfois aggravées par des problèmes préexistants (prostate chez l’homme, faible fréquence urinaires…).
Les objectifs sont : préserver les reins, éviter l’incontinence, prévenir les infections, assurer un vidage complet et maintenir une peau saine.
Les problèmes peuvent inclure :
Rétention urinaire
Incontinence
Urgence fréquente
Vidange incomplète
Infections urinaires
Problèmes cutanés liés à l’humidité
Les causes sont souvent liées à des lésions du lobe frontal ou des zones contrôlant le comportement et la mémoire.
La personne peut ne pas être capable de :
Demander de l’aide
Contrôler la miction
Se souvenir de sa dernière miction
Anticiper pour aller aux toilettes
Marcher jusqu’aux toilettes à temps
Reconnaître la sensation de vessie pleine
Au début, un cathéter permanent peut être utilisé pour vider la vessie et mesurer les volumes. Il est souvent retiré lorsque l’état s’améliore.
Si la personne ne ressent pas le besoin d’uriner, d’autres options incluent :
Maintenir le cathéter en place
Cathétérisme intermittent
Tentatives programmées de miction
Préservatif urinaire pour hommes
Protection absorbante
Autres techniques de rééducation vésicale
Pour un fonctionnement optimal, il faut suivre les recommandations d’hydratation. Une consultation avec un spécialiste peut aider. La plupart des personnes récupèrent la capacité de vider leur vessie de façon régulière et efficace.